Le Coran, tu t'abreuveras !

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Avertissement

 

Cette édition offre au lecteur l'intégralité de l'ouvrage écrit en français par Mohammad Abdallah Draz. Quelques retouches de forme ont été apportées au texte (remplacement d'un terme ou d'une tournure, correction d'une faute d'imprimerie)

 

  

Introduction

 

On peut étudier le Coran sous des rapports très divers, mais qui peuvent se ramener à deux chefs : langue et idées. Le Coran est en même temps, et à titre égal, un ouvrage littéraire et doctrinal.

En tant qu'œuvre d'art linguistique et rhétorique, l'étude du Coran suppose, dans une large mesure, une connaissance approfondie de la langue arabe, langue dans laquelle le texte fut donné. Aussi – comprenant que la majorité de ceux auxquels nous nous adressons principalement n'est pas familière de cette langue — n'est-ce pas sur ce point que portera le gros de notre effort. S'il nous arrive toutefois de l'aborder, ce ne sera qu'à titre secondaire, comme un des moyens de mettre en lumière l'ascendant de son enseignement.

 

Mais il est un autre rapport sous lequel il n'est point besoin d'être arabe ou arabisant pour mener une étude sérieuse et fructueuse du Coran. Je veux parler de la multitude d'idées qu'on découvre au-dessous de sa forme littéraire et dont il nous suffira d'exposer trois groupes. D'abord la nature de sa doctrine ; autrement dit l'ensemble des solutions qu'il propose pour résoudre les deux problèmes éternels du savoir et de l'agir. Ensuite les moyens de persuasion dont il se sert pour établir la vérité de cette doctrine. Enfin la manière dont il démontre le caractère sacré et divin qu'il attribue à son message. Sous ces trois points de vue, on peut en effet étudier le Coran indépendamment de sa lettre arabe, pourvu qu'on en possède une bonne traduction1. Et c'est à cette étude que nous nous proposons de contribuer avec le présent travail.

 

En vérité, l'objectif principal de notre étude était de dégager la loi morale du Coran, abstraction faite de tout ce qui rattache cette loi au reste du Livre. Mais, avant d'extraire cette cellule vivante de son organisme et de la traiter à part (ce à quoi nous avons consacré un autre volume2), nous avons cru juste et utile de présenter dans leur unité indivisible les grandes lignes de la structure doctrinale du Coran. On pourra ainsi mieux voir la place qu'occupe l'élément moral dans le cadre présenté dans son intégralité.

 

Pour ce faire, nous jetterons sur le monument coranique un regard rapide, il est vrai, mais assez pénétrant pour discerner les idées-mères dans chacune de ses parties, et assez large pour embrasser l'aspect général des méthodes qu'il emploie et des buts qu'il poursuit.

 

À part certaines notions historiques indispensables — que nous avons dû ajouter sur la demande très justifiée de M. Maurice Patronnier de Gandillac, professeur à la Sorbonne —, l'objet essentiel du présent ouvrage sera d'exposer dans son ensemble le message coranique tel qu'il se présente lui-même et non comme il a pu être jugé, interprété ou appliqué plus ou moins fidèlement à travers l'histoire. Chemin faisant, nous rencontrerons, à propos de ce livre saint, des jugements sévères à réformer et des conclusions hâtives à redresser ; mais c'est, par principe, le texte coranique lui-même que nous laisserons parler. Notre intervention consistera presque exclusivement à coordonner et à lier en une suite logique les fragments de cette plaidoirie, tout en laissant au lecteur le soin de juger de la validité historique et philosophique de l'argumentation.

 

Il s'agit donc d'une étude qui se veut objective du Coran, autant qu'un penseur peut se détacher de ses propres conditions subjectives. Il est vrai qu'en donnant la parole au « personnage principal », nos formules risqueront d'en revêtir parfois quelque peu la personnalité, le ton énergique ou l'allure persuasive. Ce sera comme un reflet que l'original aura projeté sur son miroir.

 

Il faut remarquer qu'en dépouillant l'idée coranique de son enveloppe et en la dégageant ainsi de son cadre local pour lui donner accès aux esprits non familiarisés avec la langue arabe, nous ne faisons que lui rendre une partie de sa véritable destinée. Faisant constamment appel à la raison, au bon sens, aux sentiments humains les plus généreux, le Coran s'adresse en effet à l'homme, en quelque partie du monde qu'il se trouve et à quelque origine qu'il appartienne. C'est un enseignement universel qui veut purifier les mœurs, éclairer et concilier les croyances, faire tomber les barrières raciales et les chauvinismes nationaux, remplacer la loi du plus fort par celle de la vérité et de la justice.

 

Outre sa contribution à l'œuvre philosophique mondiale, on voit quel secours précieux, dans cette course frénétique à l'hégémonie et à la puissance destructrice qui infecte notre siècle, peut apporter l'étude de ces saines doctrines.

M.A.D

 

 

1. Bien qu'une traduction française impeccable n'existe pas encore, il nous semble qu'on s'achemine actuellement vers elle. Déjà, en utilisant et en corrigeant l'une par l'autre, celle de Kazimirsky et de Pesle-Tidjâni, on a en main les éléments d'une traduction qui, le plus souvent, resterait assez fidèle au texte. C'est donc à ces deux traductions, faute de mieux, que nous renvoyons le lecteur, tout en le priant de tenir compte de ce fait que, dans le numérotage des versets, il se trouve chez tous les traducteurs un certain décalage par rapport au texte arabe du Caire auquel nous nous référons.

 

2. M.-A. Draz, La Morale du Coran, Paris, PUF, 1947.

 

 Pour lire la suite, voir "le Sommaire" en haut à gauche.

 

N.B. : Les citations coraniques sont données en caractères italiques et mises entre guillemets. Dans leurs références, les caractères gras indiquent les numéros des sourates, les autres ceux des versets. Dans les références aux recueils de hadîths, K = kitâb (livre) ; B = bâb (chapitre)

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