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SIXIÈME VERTU PRINCIPALE

FAIRE BONNE ŒUVRE

 


51ème  affluent : Être juste et incorruptible


On ne peut faire qu'une oeuvre du diable si l'on est sujet de l'égo et agité par ses impulsions. Le fidèle doit viser à satisfaire Dieu et non ses désirs. Aussi doit-il être strict sur les principes et se censurer sans pitié. Cette rigueur intense vis-à-vis de soi permettra de baisser la tension face aux autres. Si chacun est son propre juge impartial, la vertu régnera dans la vie sociale et les liens d' amour prévaudront sur les motifs de la méfiance mutuelle.

Le devoir de vigilance est jumelé avec le devoir de censure de soi. Mon égo est le seul ennemi, avec Satan, que je doive surveiller pour le circonscrire dans les limites de ce qui est juste et équitable. Si les autres sont susceptibles de corruption, moi-même je le suis et mon premier devoir avant de regarder les autres est de me regarder moi-même. Il y a mon oeuvre qui est comptabilisée, suivant laquelle je serai jugé le jour de la résurrection. Cette oeuvre, il dépend de ma vigilance réfléchie sur moi-même, qu'elle soit bonne. La moindre injustice envers les autres, le moindre manque, le moindre dépassement risquent de gâcher toute l'oeuvre. Aussi, dois-je me surveiller et, puisque il est de mon devoir de le faire, surveiller les autres et les aider ainsi à réprimer leur propre débordement.

La rectitude morale, l'incorruptibilité des consciences sont les conditions nécessaires pour que l'oeuvre commune prenne forme et consistance. L'esprit de gain à tout prix et avec le moindre effort règne dans les sociétés décadentes. Cet esprit qui a travaillé nos sociétés musulmanes du désordre depuis des siècles est devenu virulent depuis notre contact avec le colonialisme et l'éveil aux aspirations de consommation. Ce même esprit commence a travailler rapidement les sociétés occidentales qui ont totalement perdu le frein moral et qui commencent à perdre, par la ruse des procédures, le frein juridique.

Le rétablissement de la justice par la Loi et de la rectitude morale par l'éducation marquera notre départ ascensionnel après le coup d'arrêt que l'opération de vérification doit donner à la dynamique de chute qui nous entraîne en bas de la pente avec les sociétés occidentales que nous imitons et qui sont irrémédiablement condamnées à la dissolution, faute de réserves morales.

Les personnalités de hautes responsabilités en Islam sont requises d'être des modèles de rectitude et de justice. Les fidèles de la Communauté sont requis de choisir pour ces hautes responsabilités les meilleurs parmi eux ; les meilleurs en compétence d'amour comme en compétence de sagesse. Les élections islamiques doivent être une oeuvre responsable, les consciences libres de toute pression et de toute corruption. La propagande électorale n'a pas lieu d'être puisque personne ne peut présenter sa candidature à un emploi publie. C'est à la Communauté, organisation centrale, de choisir les justes et les incorruptibles et de les présenter par un processus à déterminer au suffrage de tous ceux parmi le peuple capables de discrimination et candidats à l'engagement communautaire.

Au lieu du gouvernement des plus habiles, la démocratie islamique doit dégager et envoyer aux responsabilités les meilleurs ; les justes et les incorruptibles qui ne sont pas nécessairement les beaux parleurs. De cette façon, la société, de proche en proche, de haut de l'Etat et de l'Appel jusqu'à la base, gagnera en vertu. La montée élective du départ qui est expression de la vertu de shura permettra, seule, cette redescente du courant de confiance et la constitution d'une société saine et juste. Les institutions d'Etat comme les institutions d'Appel, le gouvernement, l'appareil juridique, militaire, administratif, financier, économique, la famille, la mosquée, l'école ainsi que toutes les instances de l'organisation communautaire n'auront de solidité, de stabilité ni d'efficacité que si l'ensemble est fondé sur la légitimité de ce qui est juste selon la norme de la Loi, vrai et incorruptible selon la norme morale et spirituelle de l'iman et de l'ihsan.

La construction de la pyramide du pouvoir, ainsi que la ventilation et la régulation de ce pouvoir doivent obéir à l'impératif de vérité des consciences et non aux aléas des statistiques électorales régies par la corruption et au bon plaisir du patronage à clientèle régi par l'injustice.

L'ascendant moral de l'Appel et des hommes de l'Appel doit garantir l'incorruptibilité des hommes à la barre de l'organisation communautaire. Sous l'ombre et l'autorité de cette haute moralité, la justice d'Etat doit pratiquer une politique d'égalité confiée non aux structures anonymes mais aux consciences, aux dhimmas responsables et inaccessibles aux sollicitations mauvaises.

Au lieu de la division des pouvoirs selon le schéma des démocraties électives occidentales en législatif, exécutif et juridique, la démocratie islamique doit rechercher les voies pour une distribution des pouvoirs qui ne satisfasse pas seulement à l'exigence de verrouiller par la bonne organisation les passages clandestins vers l'injustice, mais aussi à l'exigence de freiner la gangrène des consciences par le bon choix et la surveillance d'hommes compétents mais incorruptibles.

Pour que l'Appel ne fasse pas de concessions sur les principes en étant en contact immédiat avec les responsabilités d'Etat, il faut un troisième pouvoir qui servira d'intermédiaire, au niveau des procédures et des ajustements. La hisba est le nom que ce pouvoir de vérification a pris sous différentes formes tout au long de notre histoire. La hisba de l'Islam du renouveau peut jouer le rôle indispensable de régulation entre l'exécutif à surveiller et les institutions d'Appel qui ne doivent pas perdre le sens en s'immisçant trop dans le concret et le quotidien. Il faut que la vigilance publique soit coordonnée. renforcée et concentrée en un corps, en une fonction omniprésente, en un appareil non policier' non bureaucratique mais efficace ; c'est le rôle de la hisba. Ce corps doit être coiffé par une assemblée centrale élue et secondée par des comités régionaux et locaux également élus. Cette assemblée peut jouer, entre autre, le rôle des parlements quant à la législation et au contrôle du gouvernement. Mais elle devrait pouvoir remplir avec la collaboration de ses antennes locales et régionales les fonctions d'assainissement, de vérification et de redressement, ce qui ne correspond pas à une simple action de police.

A partir de la Communauté organisée, à l'intérieur de laquelle la shura élective doit être la règle à un stade de mûrissement convenable, le leadership sans lequel rien ne peut être fait doit être proposé à l'éleetîon de la base engagée. Ce sera le rôle de l'Appel de le faire dont la hiérarchie doit être structurée jusqu'au niveau local par un système d'élections montantes.

L'imam qui est l'autorité suprême et qui doit présenter les qualités de justice, de moralité et de compétence bivalente est avant tout chef de la communauté organisée et représentant de l'Appel. Il est élu et révocable à tout moment selon une procédure sûre qui ne mette pas en péril le sérieux, la stabilité et la durabilité relative de son mandat. La hisba, assemblée du peuple, devra pouvoir poser à l'imam des questions en sa qualité de chef suprême de l'exécutif, elle peut surtout le mettre en accusation à une majorité convenable et le renvoyer à une assemblée réunissant les responsables de toutes les instances de la communauté pour jugement.

Il est très important d'insister sur l'élection et la révocabilité du chef suprême, car la démocratie véritable a pour principal ennemi en pays sous-développés et peu formés à la pratique de leurs droits politiques le chef inamovible qui rompt tout frein et s'impose à l'adoration du peuple.

Mais étant donné les difficultés à vaincre, le droit à l'erreur doit être reconnu aux responsables, surtout au responsable ultime. L'usure du pouvoir, qui est la résultante de l'accumulation des erreurs et de la fatigue, doit être évitée à l'imam par la disposition de fusibles qui sautent quand la tension est trop élevée et par la fréquentation très modérée qu'il doit faire des dossiers quotidiens.

L'Appel représenté par l'imam est le lieu de la conception et de la décision, Le gouvernement nommé par lui et responsable devant lui est le bras ferme de l'exécution. La hisba, émanation directe de la base engagée à la suggestion de la communauté, est le régulateur entre le bras d'Amour tendu par l'Appel et le bras de contrainte des appareils d'Etat. La hisba devrait être une institution de sagesse et d'équilibre.

Quant aux autorités juridictionnelles, elles sont en Islam aussi indépendantes que le veut la théorie moderne. En Occident, les instances juridiques sont dirigées par des fonctionnaires avancés par la promotion bureaucratique ou, aux U.S.A. comme ailleurs, par l'élection. En Islam, l'imam est le juge suprême de droit, c'est par délégation de son autorité que les juges acquièrent leur légitimité. Mais une fois cette délégation faite et toujours en rigueur, car elle peut être retirée, l'imam lui-même pour ce qui est du droit civil ou criminel est un simple membre de la communauté devant la Loi.

Le pouvoir juridique, qui joue en théorie moderne le rôle d'arbitrage et de gardien de la constitutionnalité des lois, peut en Islam remplir la même fonction. Mais le juge lui-même ne doit pas échapper à la vérification et à la surveillance de la nasîha qui doit traverser depuis la base locale toute la société pour s'épanouir en l'assemblée de hisba.

Pour être juste et fraternelle, la société islamique doit conjuguer l'effort de changer les structures avec celui d'élire des hommes incorruptibles et de les surveiller quand même, car la nature humaine est fragile, La vigilance de la base exclut les méthodes policières du contrôle. C'est plutôt la pression morale de l'éveil de tous qui doit imposer l'éthique de la rectitude ; la hisba est l'incarnation et la structure de cette conscience vivante. La société islamique ne doit en aucun cas glisser dans la méfiance pour ériger les barricades de la suspicion. La recherche d'un équilibre est affaire de théorie, très peu ; c'est I)avance nécessaire à travers les difficultés au coût de compromis provisoires qui vérifie notre capacité d'instituer dans les faits récalcitrants les idées de la théorie, quelque limpide que celle-ci puisse être.

Les quelques idées que j'ai avancées sur la théorie de l'Etat dans ce chapitre tardif, je ne prétends pas qu'elles constituent un ensemble cohérent et définitif. De simples suggestions venues d'une réflexion non spécialisée, mais j'espère que la méditation sous-jacente élève ces réflexions au-dessus de l'impressionnisme de surface. L'expérience, que le sursaut de l'Islam annonce, de la solution islamique globale doit enfoncer toutes les idées reçues sans laisser échapper les bribes de sagesse que l'on peut glaner dans la pensée et la pratique des autres. Cette pratique est riche de tentatives ; avec des principes fermes et la vision claire des fins, l'Islam pourra négocier avec les nécessités et les difficultés ,on chemin vers une organisation de ses institutions favorable à ses objectifs d'efficacité, à ses buts de justice et à sa finalité morale, spirituelle et fraternelle.

Un hadith résume les conditions dans lesquelles l'oeuvre commune et particulière peut être bonne. Les responsabilités de justice, d'amour fraternel et de travail efficace y sont distribuées le long de la hiérarchie sociale. « Trois espèces d'hommes, dit le Prophète, habiteront le Paradis l'imam juste et efficient. le fidèle au coeur doux qui traite avec bonté ses frères et le père de famille qui ne vit pas en parasite. »

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